Honest note : Un des monstres sacrés du Japon, aujourd’hui hélas disparu. 9/10

L’histoire : Le dernier des vieux Yoichi

Longtemps, la gamme Yoichi avait trois entrées : 10 ans, 15 ans et 20 ans. Le 20 ans s’échangeait en France autour de 300 euros (la moitié au Japon), et restait une bonne affaire. Je pense honnêtement avoir récupéré la dernière bouteille d’un tax-free shop de Haneda, il y a un peu plus de 3 ans. Depuis il a disparu de la circulation (à l’exception des enchères) suite à… une série télé ! Curieusement, le grand public japonais a découvert ses single malt suite à une série consacré à M. Taketsuru, le père fondateur du whisky japonais (et de Yoichi). Suite à cela, les stocks, déjà mis sous tension par la demande mondiale, ont purement et simplement été vidés en quelques mois. Et il est peu probable que l’on revoit un jour des 20 ans à un prix abordable.

Le contenu : les mouvements du Japon…

De toutes les grandes distilleries japonaises, Yoichi est celle qui à le plus de caractère. Et ce caractère s’exprime à plein dans ce 20 ans, qui est une leçon sur l’histoire d’amour entre le malt et le bois. Sombre, sa livrée indique un usage libéral de fûts de sherry pour le batch. Le nez s’ouvre sur un temple japonais – encens et bois, avant de se rapprocher de la boîte à cigare. Puis viennent des notes de noix, de crème brûlée et de cuir.

La bouche révèle un malt intense, très mûr, très sucré, avec des épices qui explosent pour le rendre plus aérien. Sur la lèvre, il laisse les arômes d’un excellent cognac. Plus loin sur le palais, il prend des accents plus métalliques et renvoient des bouffées de menthol qui se mêlent à un assortiment de noix. Le tout bénéficie d’une rétroolfaction maîtrisée qui prolonge le plaisir. La finale est comme on peut l’attendre longue et épicée.

Yoichi nous délivre avec son 20 ans une grande leçon de maîtrise d’éléments pourtant déchaînés. A tout moment on peut basculer dans le jus de bois, et pourtant on reste sur le fil, parce que les arômes arrivent toujours au bon moment. Et l’on se retrouve les lèvres engourdis et les sens saturés, sans jamais se lasser.

 

Prix : 300 € il y a quelques années, désormais autour de 1 000 €   – Disponibilité : enchères