C’est la rentrée aussi pour la SMWS aux Rouquins, comme d’habitude. Alors que l’honorable Society élargit son portefeuille ces derniers temps, en testant gin, cognac et rhum, nous voici en terrain connu avec 4 Speysiders et un Ileach pour conclure.

On ouvre sur le 71.49 – « A youthful cockiness ». Un petit jeune qui se la pète donc, venu tout droit de Glenburgie après 9 ans dans un ex-fût de bourbon. De la crème et des fruits plutôt exotiques au nez, un palais tout en banane et en gingembre. Avec de l’eau, plus de fruits, plus d’épices. Un jeune assez fougueux et plutôt plaisant donc, dont la finale râpe un brin trop pour être honnête. Notons quand même une odeur de noix de coco dans le verre vide, qui aura eu le bon goût de rester cachée pendant la dégustation.

Le deuxième candidat, 39.148, nous vient de Linkwood. Il a 9 ans en ex-bourbon également. C’est un peu un mystère puisqu’il n’apparaît pas dans le catalogue de septembre, ni dans les mois précédents. Un Linkwood évadé de Leith ? [edit du 3/10/2017 : il s’agit en fait du 39.148 et non du 39.146 initialement désigné – il a fait une apparition tardive sur le shop SMWS] Il démarre bien, dans un esprit assez proche du Glenburgie. Des fruits, un peu de prairie, des épices en bouche… et surtout une côté gras, huileux, qui porte remarquablement la puissance du jus. Les Linkwood ont réputation de prendre leur temps avant d’atteindre leur plénitude, mais celui-là à sauter quelques classes. Il lui manque tout juste un peu de fleur pour être parfait, mais ce sera (spoiler) le meilleur whisky de la soirée pour moi.

La suite est placée sous le chocolat. « Chocolate & Flowers » pour le 46.53, un Glenlossie de 19 ans toujours en ex-bourbon. Le nez est plein de chocolat au lait, et en cherchant bien on trouve un peu de fleurs. La bouche est plus conventionnelle, avec du fruit et un peu de cacao et de caramel. Pour être honnête, elle n’est pas à la hauteur du nez et se révèle un peu trop polie.

Toujours du chocolat, mais avec du sel, dans le Longmorn 7.173 qui conclue ce tour du Speyside : un « Salted Dark Chocolate » en ex-fût de bourbon premier remplissage. Moins de chocolat qu’annoncé tout de même, mais un vrai grand nez de cognac, une bouche pomme-raisin bien fondue et ce qu’il faut de sel en final. Vraiment bon, mais sans être totalement renversant non plus.

La conclusion tourbée est fournie comme cela devient la coutume par Bunnahabhain, cauchemar orthographique mais néanmoins sympathique distillerie d’Islay. Le 10.124, « Riding the wave » – 9 ans en refill bourbon, est dans la lignée de ses prédécesseurs : une fumée pas trop lourde, à la Bowmore, une « coastalité » affirmée – iode, algues, et un peu d’épice pour relever le tout. Dans la livraison 2017, ce n’est pas le meilleur, mais il tient son rang avec beaucoup de dignité.

Slainte!

La soirée se conclue autour d’une table rassemblant Ecossais, Américains et Français devisant joyeusement sur ce qu’ils ont bu aujourd’hui, ce qu’ils ont bu au cours de leur vie et ce qu’ils rêveraient de boire demain avant de se donner rendez-vous le mois suivant, faisant vivre l’esprit de convivialité de la SMWS. Que je m’engage à faire vivre à nouveau dès le mois prochain !