Le petit salon du whisky Julhès – mars 2017

Comme chaque semestre, les amateurs de malt avaient rendez-vous samedi dernier chez Julhès pour le « petit » salon du whisky, toujours populaire, toujours gratuit. Il a confirmé la tendance observée en décembre : une forte présence des distilleries en officiel, et peu ou pas d’indie bottlers.  En même temps, cela suit le mouvement global de l’industrie, puisque les distilleries (ou plutôt les groupes qui les possèdent) semblent de plus en plus avares de leur production, la réservant principalement à leurs propres éditions spéciales.

Le salon de Julhès est donc une excellente occasion de comparer ce que les distilleries ont à nous proposer – c’est d’ailleurs l’endroit où j’ai construit une grande partie de ma culture whisky. Il convient donc de l’aborder avec un peu de méthode pour trouver, espérons-le un grain de folie (spoiler !).

Groupe Springbank

Petit acteur du monde du whisky par la taille, mais immense dans le coeur des amateurs, Springbank / Cadenhead’s proposait un Kilkerran 12 ans dans un second batch (le premier ayant eu énormément de succès) et le Longrow Red 11 ans. Le Kilkerran est annoncé comme plus maritime encore que le premier batch, mais je l’ai trouvé moins minéral, et pour le coup plus quelconque. Dommage. Le Longrow red est fini en fût de Cabernet. Je considère que ce genre de finition est sauf exception une erreur. Cette bouteille n’est pas une exception.

Groupe LVMH

Chez LVMH, on révise les classiques. Côté Glenmorangie, le Bacalta et Lasanta goûtés témoignent du savoir-faire de la maison en matière de finition. Deux whisky très (trop) civilisés et d’agréable compagnie. Plus d’émotions bien entendus chez Ardbeg. Le Ten est néanmoins plus gourmand que dans mes souvenirs. Ma mémoire doit décidément me jouer des tours, puisque j’avais oublié aussi la puissante rétroolfaction du Uigeadail.

Intermède : un rapide débat entre officiels et indie bottlers.

Intermède : un rapide débat entre officiels et indie bottlers.

Groupe Pernod-Ricard

Arrêt rapide chez Pernod-Ricard. Je m’abstiens de tester le Scapa, parce que rien de ce qui vient de Scapa ne m’a jamais convaincu. Je me concentre sur le Tormore 16 ans, speysider assez minéral mais un peu trop propre sur lui, et l’Arberlour A’Bunadh qui dans la veine gros sherry pleine puissance fonctionne très bien, le haut degré d’alcool neutralisant les aspects contestables (selon moi) de cette maturation. Enfin Glen Grant propose un 12 ans nettement amélioré, basique et propre à un prix réduit, ainsi qu’un 18 ans plus fin mais qui manque un peu d’émotion.

Groupe Edrington

Macallan reproposait sa gamme « couleurs » : Amber, Sienna, Ruby – plus c’est foncé, plus c’est cher. Macallan n’a jamais été trop mon style – à la fois trop sweet et trop domestiqué. Néanmoins dans un soucis d’exhaustivité, je recommande plutôt le Sienna que les deux autres.

Les Irlandais

Les whisky irlandais ont la côte en ce moment, et étaient présents par l’intermédiaire du laboratoire R&D de Midleton, qui embouteille ses recherches sous le nom catchy de Method & Madness. En gros, des whiskys sans mention d »âge qu’on teste avec des bois inhabituels, des finitions exotiques, etc. Le single grain est vraiment remarquable, pour un single grain, surtout aussi jeune : une sorte de porridge au limoncello. Le single malt est extrêmement fruité, sur la pomme rouge, mais descend remarquablement bien. Le pure pot still, qui a vu du bois de châtaigner,  m’a moins intéressé, mais il faut dire que c’est la première fois que je bois du pure pot still. Il reste néanmoins étonnamment peu marqué par le bois. Les trois sont un peu chers pour ce qu’ils sont, mais c’est stimulant et le packaging est fun. Une idée cadeau pour amateur de whisky blasé ?

Un dernier pour la route ?

Un dernier pour la route qui vient de loin alors ! Il nous arrive de la distillerie de Fuji-Gotemba, propriété du groupe Kirin, et s’appelle Fuji Sanroku. C’est un blend, à priori riche en malt, proposé à 50° (applaudissements !) et vendu sur les prix de la niche Hibiki Harmony et Nikka from the barrel. A priori, si l’on en croit l’excellent blog Nonjatta, c’est la meilleure affaire du moment au Japon.  C’est bien fait, agréable, bien qu’un peu trop vanillé. Je dirai meilleur que l’Harmony – moins marqué par le bois, dans un style assez proche. Bonne découverte.

Le bilan

Pour faire rapide, plein de bonnes choses mais pas de grandes choses. Quelques petites déceptions aussi. En tout cas un bon tour des ranges officiels que l’on néglige souvent. La qualité est bien là, l’originalité un peu moins.

Si j’avais du acheter quelque chose ce jour-là :

Le Uigeadail d’Ardbeg en tourbé, le Aberlour A’budnah en non tourbé et pour le fun le single grain de Method & Madness.

 

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1 Comment

  1. Adam Fennessy

    Mais le whisky « method and madness single malt » a 14 ans pas 3 ans ou 3 ans et demi je pense method and madness single grain » a 9 ans

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