La désormais habituelle degustation de la SMWS proposait un changement de décor, l’étage du partners bar/restaurant Beaucoup dans le 3e arrondissement, et un changement de bouteilles : les habituelles quilles de la SMWS gardent leurs numéros étranges et la même forme mais prennent de la couleur indiquant des champs aromatiques différents. On en profite pour discuter des dernières nouveautés de la Society : des embouteillages avec des finishing originaux (voir plus bas), et la promesse de quelques embouteillages exceptionnels de vieux fûts de prestige qui devraient être proposés épisodiquement – mais n’en disons pas plus. Bref à la SMWS, « il faut que tout change pour que rien ne change » comme dirait Beppe Lampedusa, il Gattopardo.

La dégustation

Du classique, du solide, mais aussi de l’expérimentation et quelques distilleries moins fréquentées par la SMWS – donc un line-up intéressant.

On commence avec deux whiskys presque jumeaux par leur fraîcheur au nez. Le premier est un Balblair 11 ans second fill ex-bourbon « Tastilicious & Mouth Puckering » – 70.15. Un nez d’atelier de charpentier grand ouvert par une froide journée d’hiver, un fruité exotique, puis en bouche pas mal de citron confit. Très plaisant, et assez loin des Balblair souvent crémeux et vanillée dans ces âges. Le deuxième est un Glen Moray 14 ans, 1rst fill ex-bourbon, « A Polar Bear’s Birthday Cake » – 35.183. Il emmène du vent frais et de la papaye séchée au nez, puis un côté After eight en bouche. Peut-être une pincée de chili en final avec une touche de bois qui râpe un tout petit peu trop. Deux whiskys plaisants et abordables, avec une légère préférence pour le Balblair.

On enchaîne avec une distillerie estampillée Classic Malt : Cragganmore. La bouteille proposée, 37.86, promet un 16 ans « Juicy & Delightful » assez classique. Le vieillissement l’est moins : 15 ans en ex-bourbon et au moins un an en tonneau virgin oak préalablement moyennement flambé. Je présume que cette finition avait pour but de réveiller un speysider légèrement assoupi. Ça fonctionne plutôt bien d’ailleurs, sans notes grillées comme on pourrait le craindre. Pour le contenu, on a donc des arômes typiques du Speyside : orange, fleurs et cannelle. Agréable mais sans grandes émotions.

Plus de caractère ensuite avec un Glen Scotia 17 ans en first fill Oloroso – 93.70, « Old Cars & Cigars ». Un nez de sherry comme attendu, mais pas vineux, ce qui est positif. Il y a tout ce qu’on peut attendre de ce type de maturation – tabac, café, cake au noix, prunes, chocolat… – sans pour autant rentrer dans la catégorie Sherry monster. Le seul reproche qu’on peut lui faire, c’est la quasi-absence de rétro-olfaction. Un whisky presque trop propre en somme, qui descend bien mais un peu vite.

Rendons un hommage graphique au grand gagnant de la soirée

Rendons un hommage graphique au grand gagnant de la soirée

Logiquement, le tourbé, et souvent le meilleur, arrive pour la fin. C’est Bunnahabhain qui s’y colle, avec le 10.108 « Yin & Yang » – 9 ans en ex-bourbon et une finition en virgin oak là encore. On retrouve le fumé Bunnahabhain, à la fois doux et puissant, de l’air marin, de la vanille, du malt et un peu de piment en fond. Une bouteille parfaite pour finir la soirée, proposé à un prix tout à fait raisonnable. Apparemment, comme pour Bowmore, la SMWS est sur une grosse série de Bunna tourbés, donc à suivre.

Bonus track

On en parlait, juste avant de partir, on a droit à un petit Bowmore pour la route, rescapé de la sélection de janvier – 3.288, « A taste of the Med ». La promesse du nom est tenue, puisqu’au classique coastal & smoked, il ajoute des notes de jardins méditerranéens (romarin, eucalyptus, fleurs) qui créent un joli équilibre.