Honest note : Un whisky belge qui n’inspire aucune mauvaise blague. 7/10

L’histoire : un brasseur belge se met au whisky

Gouden Carolus est une bière d’excellente réputation, brassée dans la très agréable ville de Malines (Mechelen). C’est aussi désormais un single malt éponyme qui vu d’ici n’est pas franchement rassurant. Tout d’abord, le saut de brasseur à distiller est périlleux. Savoir faire de la (bonne) bière et disposer d’un alambic pour la transformer en whisky est tout sauf une garantie de succès. Et le discours commercial, parlant de faire un whisky plaisant destiné autant au grand public qu’à l’amateur sent un peu trop la boutique souvenir pour ne pas être suspect. Le monde des whiskys internationaux est rempli de projets « opportunistes » de ce genre qui se termine généralement assez mal.

On nous propose aujourd’hui un malt « barely legal » de 3 ans, distillé à partir de moût de Gouden Carolus Tripel, et vieilli en fût de bourbon de premier remplissage. On apprécie tout de même le degré d’embouteillage, 46°, qui indique un certain respect du produit.

Le contenu : un vrai single malt

Au nez, pas de doute, c’est un petit jeune, mais plutôt bien fait de sa personne : de la vanille, le fruité d’une pomme rouge, et un peu d’antiseptique. La bouche est typique d’un ancien fût de bourbon, donc vanillée, avec un peu de résine/thérébentine, mais (dieu merci) pas de noix de coco. Il prend un peu de sel en descendant, qui s’affirme dans une finale pas si courte que ça.

Colin Farrell, tentant de rejoindre Malines depuis Bruges par les canaux.

Colin Farrell, tentant de rejoindre Malines depuis Bruges par les canaux.

C’est incontestablement jeune et simple, mais équilibré et plutôt flatteur à défaut d’être renversant. Pour un whisky de 3 ans, si l’on retire les malt tropicaux indiens et taiwanais, et les miracles réalisés à Chichibu et Wolfburn, c’est même très bien. Et à ce prix, c’est un whisky apéritif joliment troussé qui permet en plus de faire des compliments aux Belges.

Prix : autour de 35 €  – Disponibilité : correcte