Honest note : Du caractère, de l’équilibre et un petit prix. S’il n’y avait qu’un whisky tourbé, celui-là suffirait. 9/10

L’histoire : la référence Talisker

En simplifiant, les Français ont appris le single malt avec trois bouteilles. Le Glenfiddich 12 ans, le Lagavulin 16 ans et le Talisker 10 ans. Plus que des légendes, ces whiskys sont des références de goût et de qualité, des mètres-étalons de leur domaine. Mais dans le cas du Talisker, les temps changent. La distillerie – en fait plutôt son propriétaire, Diageo – privilégie désormais les NAS comme Skye et Storm et réserve en priorité le 10 ans aux marchés de conquête. Mais on en trouve toujours deci-delà, jusque dans les rayons des supermarchés, au prix toujours démocratique de 35 euros.

La recette reste la même depuis toujours. Un assemblage de différents fûts de Talisker âgés de 10 ans, proposé à 45,8°. Certains spécialistes spéculent sur le fait que la taille du batch est désormais plus réduite, puisque la distillerie réalise une partie de son chiffre d’affaires sur les embouteillages sans mention d’âge, ce qui permettrait d’améliorer la qualité. Une hypothèse pas idiote mais qui reste à vérifier.

Le contenu : la perfection à prix d’ami

Mettre son nez dans un Talisker 10 ans, c’est comprendre qu’on a eu de la chance de découvrir les whiskys tourbés avec ça. De la fumée, forte mais pas lourde, qui picote les narines. De la mer aussi, avec un côté coquillage. Une bonne touche médicinale, version baume du tigre. Et un peu de fruité pour faire passer le tout. La relative jeunesse du contenu rend les arômes francs, et c’est parfait comme ça. En bouche, de la fumée toujours, du miel, encore un peu de fruité, du poivre et du sel qui montent au fur et à mesure, et dominent la finale. Le côté médicinal revient également sur la fin, en mode baume Vicks.

Il n’y a pas grand-chose à dire sur le Talisker 10 ans, si ce n’est qu’il est parfait, à la fois plaisant et racé, particulièrement pour son prix. S’il n’existait qu’un seul whisky tourbé et que c’était celui-là, nous n’aurions pas à nous plaindre. En cherchant absolument à en boire d’autres, nous démontrons que l’homme est par essence insatisfait, incapable de se contenter de quelque chose de quasi-parfait.

Prix : 35 €  – Disponibilité : aléatoire