Honest note : Un Lagavulin taillé sur l’os. Epuré et parfait. 9/10

L’histoire : le cadeau d’anniversaire de Lagavulin

On peut aimer Lagavulin pour énormément de raisons. Parce que cela représente l’excellence en matière de whisky tourbé. Parce que c’est une distillerie légendaire. Parce que c’est l’un des whiskys qui a remis le single malt à l’honneur il y a 2 ou 3 décennies. On peut rajouter un argument supplémentaire : parce que c’est une distillerie qui fait preuve d’éthique.
Depuis des années, sa gamme officielle ne bouge pas : un 16 ans de référence, dont le tarif paraît chaque année plus abordable en cette période d’inflation galopante du malt, une édition annuelle distillers un poil plus chère et un poil plus flatteuse au palais, et une édition annuelle de 12 ans cask strength, plus onéreuse mais généralement remarquable. Pas d’embouteillages sans mention d’âge. Pas de coup marketing. Juste une garantie de qualité et une honnêteté chevillée au corps, de plus en plus rare.

A l’heure de fêter son bicentenaire, Lagavulin est restée fidèle à ses engagements. Plutôt que de sortir un embouteillage de fête, cher et en quantité limitée, qui aurait fait les délices des spéculateurs, ils ont choisi de réaliser un batch de 8 ans d’âge, proposé à 48°, et 30 000 bouteilles disponibles autour de 60 € pour satisfaire tout monde. Oser la transparence, éviter la spéculation, maintenir un prix abordable… cela force le respect.

Moi devant le Lagavulin 8 yo

Le contenu : Lagavulin à l’état pur

Il en va de même pour le contenu. Au nez, nous sommes en terrain connu : de la fumée, un peu d’océan (iode), pas mal d’hôpital (antiseptique, métallique) et peut-être une poignée d’amandes au fond. Le nez est un peu inhibé, cela reste un petit jeune, mais très précis. En bouche, tout ce dont on peut rêver pour un jeune Lagavulin. On aurait pu s’attendre à un whisky plus vif ou plus simple, il n’en est rien. Le 8 ans est simplement moins « fat » que le 16 ans. De la fumée, presque des cendres. Un côté assez austère, très métallique. Une véritable lame. Et pourtant à côté de ça des notes sucrées, miellées, très réconfortantes. La précision est étonnante : tous les aspects du whisky ressortent clairement et coexiste parfaitement. La longue finale poursuit dans la même direction. Lagavulin nous propose une sorte d’étude sur son distillat, en nous montrant comment il est à mi-chemin du 16 ans, avant que le temps n’ait fini de fondre ensemble ses différents composants. Et c’est remarquablement bon. Bon anniversaire, et merci !

Prix : autour de 65 € – Disponibilité : Décente (30 000 bouteilles)