Honest note : un no age statement sous stéroïde bien raté. Highland Park vaut mieux que ça. 5/10

L’histoire : les aventures d’Highland Park au pays des NAS

Entendons-nous bien. Highland Park est une des meilleures distilleries d’Ecosse. Un Highland Park, c’est généralement du fruit, du miel, des fleurs, et juste ce qu’il faut de fumée et de vent marin pour maintenir le malt en tension. De quoi satisfaire tout le monde, mais avec suffisamment de caractère pour ne pas devenir plat.

La distillerie des Orcades est néanmoins parfois desservie par son goût du marketing. En se servant d’un prétexte fallacieux, célébrer le fondateur de la distillerie, contrebandier par nécessité, Highland Park a ajouté à sa gamme un No Age Statement qui promet l’utilisation de « deux fois plus de tonneau de sherry de premier remplissage que le traditionnel 12 ans d’âge ». Malheureusement, le whisky est rarement une question d’arithmétique.

Le contenu : l’adieu à la complexité et l’équilibre

Dark Origins sent le sherry à plein nez – surtout amande et noix en l’occurrence, accompagné de plus de tourbe que dans les autres embouteillages de la maison. Mais ça sent aussi l’alcool jeune, ce qui n’est pas nécessairement un défaut, et brutal, ce qui est plus problématique. En bouche, il se passe à peu près la même chose. Pas de complexité, de la tourbe, des amandes et de l’antiseptique. Un malt rentre dedans, avec plus de vulgaire que de caractère. Une sorte d’antithèse de l’équilibre tourmenté que propose en principe Highland Park.

Curieusement, Dark Origins semble avoir plutôt bonne presse chez les spécialistes. Du coup, je l’ai goûté, re-goûté, partagé avec d’autres… avec toujours la même conclusion : trop. Trop jeune. Trop musclé. Trop simple. Trop direct. Éventuellement, il peut conclure une dégustation, une fois que le palais est suffisamment anesthésié par les alcools précédents. En guise de coup de grâce, pour son prix, vous aurez deux bouteilles de 12 ans d’excellente facture.

Prix : autour de 75 € – Disponibilité : large